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Tout ce qu’on casse avec ces trois mots. Tout ce qu’on dit de faux à nos fils, nos élèves, nos neveux, les petits de nos voisins, avec ces trois putain de mots.

Ne pleure pas. Sois courageux. Téméraire. Solide. Dur au mal. Endurant. Grand. Beau. Séducteur. Magouilleur. Menteur s’il le faut vraiment. Pourvoyeur. Directif. Autoritaire. Inspire le respect, exige-le s’il le faut. Domine. Fait reconnaître ta domination. Sois comme ton père. Tu n’es pas malade. Ca ne fait pas mal.

L’égalité, mon fils

Il est temps d’arrêter de parler d’idéaux masculins et d’embrasser l’égalité. La vraie. Celle où on ne parle plus seulement de la réduction des différences.

Et de jeter au feu les nouvelles absurdités populaires qui prétendent que les hommes se sont féminisés à cause des luttes pour les droits des femmes.

Dans ce monde-ci, les hommes – nous – continuons à gagner plus que les femmes et à occuper toutes les places de décision (politiques, religieuses, économiques et culturelles). En matière de violence – contre les femmes ou contre les hommes – nous avons toujours la quasi-totalité de la responsabilité, si ce n’est pas le monopole.

Sois un homme

« Sois un homme » et quoi ? Et tu recevras des récompenses qui comptent : l’admiration des hommes, la liberté de mouvement, une voix d’autorité, le respect. Et une collection de privilèges dans ton travail et tes loisirs. Le paquet all-inclusive du privilège vital : le patriarcat.

En regardant de près, cette inégalité a un prix pour nous aussi : les hommes meurent plus jeunes, ne demandent pas d’aide lorsqu’ils en ont physiquement ou émotionnellement besoin (ce qui pour les femmes s’appelle dépression continue à être appelé stress par les hommes qui en rejettent ainsi opportunément la faute sur d’autres), sont bien plus souvent dépendant à l’alcool ou à la drogue et se suicident à un rythme complètement disproportionné par rapport aux femmes.

Les hommes vivent dans la terrible peur d’être vus comme faibles. Comme n’étant pas des hommes. « Sois un homme » .

Ces notions de masculinité, ce patriarcat, ce sont des constructions. Artificielles. Artisanales. Ephémères. Inutiles. Sources de malheurs permanents.

Isolation

On assomme les garçons de conseils qui incluent la suppression simple de nombreuses émotions et capacités humaines. Depuis leur naissance, on leur fait découvrir que nourrir des enfants et s’en occuper au quotidien sont des tâches qui ne sont pas faites pour eux.

Ils lutteront toute leur vie pour poursuivre des idéaux impossibles. En créant une distance affective aussi grande que possible avec les femmes, les enfants et – curieusement il faut le dire – les autres hommes.

La recette de l’extrême isolation. « Sois un homme ».

Si on veut changer. Non pas pour être gentil avec les femmes et leur accorder les privilèges qu’elles méritent, non. Pour vivre mieux notre propre vie d’homme. Pour être plus heureux, plus longtemps, il nous faut mener à bien deux tâches.

D’abord, nous devons lutter pour l’égalité des genres et contre toute forme d’abus et de violence contre les femmes.

Ensuite, nous pouvons transformer ce que signifie être un homme. Découvrir les diverses manières d’être viril, d’être humain. Et de développer des relations saines. Eduquer nos fils pour qu’ils ne soient pas effrayés par les émotions sans être ostracisés pour n’être pas de vrais hommes

Peut-être que le progrès le plus urgent doit être fait dans le domaine de la paternité.

Il ne faut plus souhaiter de pères qui aident.
Il faut souhaiter des pères qui partagent les responsabilités parentales.
Et un monde où les hommes assument cinquante pour-cent des tâches d’entretien.

En lançant le dialogue entre hommes sur qui nous sommes et qui nous pouvons être, L’homme simple souhaite que nous devenions meilleurs ensemble et obtenions ainsi une qualité de vie plus élevée.

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